Le 26 mars 2026 restera gravé dans les annales de la communication et de la culture au Cameroun comme une date de deuil national pour la médiasphère. Ce jour-là, le rideau est tombé définitivement sur la vie d’Adrien Tafen, plus connu sous son nom de scène iconique : Foly Dirane. À l’âge de 68 ans, l’animateur emblématique de la Cameroon Radio Television (CRTV) a rendu son dernier souffle à l’Hôpital Général de Yaoundé, après avoir mené un combat acharné et courageux contre la maladie durant plusieurs années.
Foly Dirane n’était pas qu’un simple présentateur de télévision ; il incarnait une institution à lui seul. Son héritage considérable dépasse largement le cadre des studios de radio. Il laisse derrière lui des générations d’artistes musiciens, d’animateurs et de techniciens qu’il a façonnés avec la rigueur d’un maître et la bienveillance d’un père.
Sa voix, chaude et entraînante, a bercé le quotidien des Camerounais de toutes les tranches d’âge. Qui ne se souvient pas de l’effervescence des samedis après-midi ? En 1991, il lance « Délire« , une émission de concours de playback et de danse qui allait révolutionner le paysage audiovisuel. Pendant 17 ans, ce programme a servi de rampe de lancement à d’innombrables talents, devenant le rendez-vous incontournable de la jeunesse camerounaise. À travers « Délire », Foly Dirane enseignait bien plus que la scène ; il inculquait la confiance en soi et le goût de l’effort.
Le parcours d’Adrien Tafen témoigne d’une polyvalence rare. Véritable « homme-orchestre », il a brillé dans plusieurs disciplines. Chanteur à la voix de velours, réalisateur exigeant, producteur visionnaire et formateur passionné, il a consacré chaque instant de sa vie à la promotion de la culture camerounaise. Son passage dans des émissions cultes comme « Tam-Tam Week-end » ou « Dance Cameroon Dance » a marqué l’âge d’or de la télévision nationale. Chaque apparition du « Maestro » garantissait un spectacle de haute facture, mêlant professionnalisme et proximité avec le public.
Un hommage national unanime
L’annonce de sa disparition a déclenché une vague d’émotion sans précédent à travers le triangle national et au sein de la diaspora. Des réseaux sociaux aux plateaux de télévision, les témoignages de tristesse et de reconnaissance affluent. Le gouvernement camerounais, conscient de la valeur de ce monument national, a manifesté son soutien jusqu’au dernier instant.
Le ministre de la Santé, le Dr Malachie Manaouda, s’était rendu personnellement à son chevet pour lui apporter le réconfort de la nation. Sous les instructions des autorités, l’État avait ordonné sa prise en charge totale, témoignant de la gratitude du pays envers celui qui a tant donné à la patrie. Malheureusement, malgré les soins intensifs et la volonté de fer de l’homme, le destin en a décidé autrement.
Le départ de Foly Dirane laisse un vide immense, mais son souvenir scintille déjà comme mille feux d’artifice dans la mémoire collective. Il a su transformer le micro en un instrument de cohésion sociale et de joie. Sa rigueur professionnelle restera une boussole pour les futurs communicateurs.
Aujourd’hui, le Cameroun pleure Adrien Tafen, mais il célèbre Foly Dirane. Le Maestro s’en va, mais les notes de sa carrière continuent de résonner dans chaque foyer. Il rejoint désormais le panthéon des illustres bâtisseurs de l’identité culturelle camerounaise, laissant derrière lui une empreinte indélébile que le temps ne saurait effacer.




